Les noms des témoins ont été remplacés par X et Y pour des questions juridiques.

Il est apparu au procès que beaucoup d’éléments découverts par la police pouvaient me blanchir, mais aucune de ces pistes n’a été suivie. Je m’appuis sur les notes que j’ai prises au procès pour citer ces divers éléments.

Au début du deuxième jour de procès un juré est venu dire au juge que sa voiture avait été volée la nuit précédente et le juge a refusé de le retirer du jury. J’avais déjà eu deux débuts de procès interrompus avant celui-ci.

L’officier Lamb a collecté différentes empreintes digitales au domicile de la victime, Elmer Rode, ainsi que dans son camion. Il a témoigné qu’il les avait comparées aux empreintes de plusieurs personnes dont les miennes, sans pouvoir obtenir une concordance. Il a renoncé à trouver à qui elles appartenaient.

Selon le rapport d’autopsie, des cheveux ont été trouvés dans la poche du short porté par la victime, et à l’intérieur du short. Selon la police il y avait des traces de lutte. Les cheveux trouvés sur la victime ont été comparés aux miens sans succès. L’enquêteur n’a pas essayé de les comparer aux cheveux d’autres personnes, même pas de la victime.

Plusieurs objets ont disparu du bureau du shériff avant le procès. Ainsi, dans deux calendriers (l’un de poche, l’autre mural) récupérés au domicile d’Elmer Rode et à son bureau de l’Université de Lamar, manquaient le mois de décembre 1994, c’est-à-dire le dernier mois où la victime était en vie.

De la drogue, deux sacs de marijuana, a été trouvée dans le congélateur d’Elmer Rode.

Le technicien du commissariat de police de Beaumont a confisqué 150 cassettes vidéo trouvées au domicile de la victime. Elles ont toutes disparu, détruites avant que le procès ne commence.

Le témoin clé de l’accusation, X, avait été détenu dans une prison de Louisiane et était en libération conditionnelle pour plusieurs chefs d’accusation. Toutes les charges retenues contre lui (qui concernaient des crimes et non des délits) ont été abandonnées et il est sorti de prison le jour de mon arrestation, le 3 janvier 1995. L’accusation a tenté de cacher ces faits à la défense jusqu’à ce qu’on découvre que le procureur avait passé plusieurs coups de téléphone et envoyé un fax à l’officier supervisant sa libération conditionnelle ainsi qu’à la commission des grâces pour lever le mandat d’arrêt. Le procureur a nié avoir fait des tractations avec X. Y, l’homme qui était supposé fournir son alibi à ce témoin à charge, et qui soit disant était allé à la police de Beaumont juste après sa libération sous caution de Louisiane, pour dire aux policiers que ce dernier lui avait confié être impliqué dans un meurtre, n’a pas pu être localisé au moment du procès. L’accusation ne l’a pas appelé à la barre et il a été impossible à la défense de le retrouver. Nous avons demandé au juge d’interrompre le procès pour que nous puissions remettre la main sur cet homme dont le témoignage était vital pour prouver que l’accusation avait manipulé le principal témoin à charge, mais le juge a refusé.

C’était la seconde personne que le procureur escamotait. Un homme nommé Z avait été arrêté par la police et avait donné l’arme du crime supposée ainsi que des biens volés chez la victime. Il a ensuite été relâché et a témoigné qu’il avait acheté ces objets à mon frère. Il a d’abord restitué à la police un magnétoscope, puis le lendemain un pistolet et un second magnétoscope. Il a été prouvé ensuite que le pistolet était l’une des armes du crime ! L’accusation a caché les accords passés avec les témoins.

Nous avons appris ensuite que le procureur détenait une lettre qu’un homme avait écrit à Elmer Rode depuis une prison, lui conseillant de se méfier d’un dénommé (…). Lorsque nous avons appris tout ça mon avocat a d’abord demandé un abandon des charges contre moi, puis une interruption de procès pour complément d’enquête. Tout ceci a été refusé.

Plusieurs personnes ont entendu X se vanter du crime. Il y a également un affidavit d’un homme qui a travaillé avec lui lors d’une convention à Houston, Texas. Selon ce témoignage, X se serait vanté d’avoir trempé dans un meurtre commis à Beaumont.

Pendant le procès a été produite une note manuscrite, sans signature, mentionnant que « rien d’illégal ou de mal ne s’était produit au domicile d’Elmer Rode ». Un sergent de la police de Beaumont a témoigné l’avoir trouvé mais n’avoir fait aucune recherche graphologique pour découvrir qui l’avait écrite. Puis, je ne sais pas pourquoi, cette note a été escamotée et on n’en a plus parlé.

Un enquêteur a témoigné qu’il travaillait sur plusieurs pistes, grâce à des personnes qui disaient avoir vu un homme avec le camion de Monsieur Rode. Il enquêtait sur 7 personnes dont les noms figuraient dans un journal intime trouvé chez Monsieur Rode. Il a indiqué que toutes ces pistes avaient été abandonnées lorsque Y était venu au commissariat parler de ce que lui avait confié X. Il a dit que tous les enquêteurs étaient très contents que Y et son père soient venus raconter tout ça et qu’ils ont sauté sur cette piste. Le père du témoin connaissait tous ces enquêteurs car il tenait une petite étude à Beaumont. Après avoir reçu ce témoignage, les enquêteurs n’ont même pas vérifié les alibis des différentes personnes sur lesquelles ils travaillaient. En gros ils ont laissé tombé toutes les pistes pour se concentrer sur une seule, celle d’un pauvre gosse de 17 ans dont ils savaient qu’il n’avait aucun moyen de les combattre ou de se défendre contre leurs agissements. De plus, 10 jours s’étaient écoulés depuis la découverte du corps et la police subissait beaucoup de pressions notamment des habitants.

La police a fait passer plusieurs suspects au détecteur de mensonge et ils ont échoué, mais comme après ils ont concentré tous leurs efforts sur mon frère et moi ils n’ont pas continué à enquêter sur eux.

Voici, sommairement décrits, quelques éléments de mon procès. J’ai été ainsi reconnu coupable et condamné à mort après un procès injuste et biaisé, mais ça ne s’est pas arrêté là. Pour mon appel direct la cour a commis d’office un avocat qui était engagé sur un autre procès comme procureur spécial, et qui requérait activement la peine de mort dans ce procès.

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